Il y a quelques mois, un apero entre amis a suffi à me convaincre de mettre en ligne Elysee.ninja. On parlait de la présidentielle qui approche, et à un moment quelqu’un a lâché : « de toute façon, ils parlent tous la même langue, et c’est jamais la nôtre. » Tout le monde a acquiescé, y compris moi. Pas par cynisme facile, mais parce que ce sentiment, je le retrouve partout : sur les plateaux télé, dans les fils Twitter, dans les débats qui tournent en boucle sur les mêmes trois sujets pendant que la vraie vie, elle, continue ailleurs. Ce soir-là, au lieu de me contenter de râler comme d’habitude, j’ai ouvert mon ordinateur en rentrant. Quelques semaines plus tard, Elysee.ninja était en ligne.
Le sommaire de cet article :
Elysee.ninja : Une plateforme citoyenne participative née d’un constat simple
L’idée de départ tient en une phrase, celle qu’on peut lire sur le site : les citoyens ont souvent de bonnes idées, mais peu d’espaces efficaces pour les partager. Pas besoin d’être élu, expert ou militant pour avoir une intuition juste sur ce qui ne va pas dans son quotidien — et souvent, une solution simple à proposer. Le problème, ce n’est pas le manque d’idées. C’est le manque d’endroit où les déposer sans qu’elles se noient dans le bruit ambiant.
Sur Elysee.ninja, le principe est volontairement dépouillé : chacun propose une idée concrète via un formulaire, elle est relue avant publication, puis les visiteurs peuvent la consulter et la soutenir. Pas de course au buzz, pas de like en cascade, pas de commentaire haineux — la modération existe justement pour garder un espace lisible et respectueux. Et surtout, le site est non partisan : il ne défend aucun parti, aucun candidat, aucune étiquette.
J’ai voulu un lieu où l’on construit plutôt qu’on s’oppose, avec des contributeurs qui se surnomment eux-mêmes des « ninjas citoyens » — une façon de dire qu’on peut agir avec agilité et bon sens, sans avoir besoin de crier plus fort que le voisin.
Un débat politique trop souvent déconnecté du quotidien
Ce qui m’a le plus frappé en observant les débats autour de la présidentielle, c’est l’écart entre les postures affichées et les problèmes réels que les gens rencontrent tous les jours. On peut parler des heures d’un sujet clivant sans jamais aborder ce qui pèse vraiment sur le quotidien : l’accès à un médecin, la surcharge des prisons, une justice « juste », l’ennui des cours théoriques à l’école.
Ce sont pourtant des sujets sur lesquels n’importe qui, sans étiquette politique, peut avoir une idée à apporter.
C’est exactement ce qu’on retrouve sur la plateforme : une contributrice propose de créer des « médecins nomades » itinérants pour lutter contre les déserts médicaux, un autre imagine que chaque citoyen puisse flécher 1% de ses impôts vers un projet local, un troisième suggère de remplacer une partie des peines de prison par des travaux d’intérêt général pour les détenus non dangereux. Aucune de ces idées n’appartient à un camp. Elles partent toutes du même endroit : quelqu’un qui vit un problème et qui a réfléchi à une piste concrète, plutôt que de se contenter de le dénoncer.
S’inspirer des bonnes idées, ici et ailleurs
Ce qui manque le plus au débat français, à mon sens, ce n’est pas la matière première — les Français ne sont pas en panne d’idées — mais l’habitude de regarder ce qui fonctionne, y compris hors de nos frontières. Je vie à Barcelone depuis des années maintenant, et j’y ai découvert Decidim, une plateforme numérique de démocratie participative lancée par la mairie de la ville pour co-construire les décisions publiques avec les habitants. L’outil permet à n’importe quelle organisation — conseil municipal, association, université — de mettre en place des budgets participatifs, des enquêtes publiques ou des appels à idées. Le succès a été tel que des dizaines de municipalités espagnoles l’ont adoptée, avant qu’elle s’étende à d’autres villes européennes comme Turin ou Helsinki. Open Source Politics
Ce genre d’initiative, on n’en parle presque jamais en France, alors qu’elle prouve qu’on peut faire de la politique autrement : en partant du terrain plutôt que des estrades. Elysee.ninja s’inscrit dans cet esprit, à une échelle bien plus modeste évidemment, mais avec la même conviction : une bonne idée mérite d’être vue et discutée, qu’elle vienne d’un village breton, d’une grande ville ou d’un pays voisin.
Quelques principes qui guident la sélection et la mise en avant des idées sur le site :
- proposer une action ou une amélioration concrète, pas un slogan
- être formulée clairement, sans jargon
- respecter les personnes et la loi
- ne comporter ni attaque personnelle ni propagande partisane
Créer un site aujourd’hui, c’est facile — le faire connaître, beaucoup moins
Après quinze ans de web marketing, je peux dire une chose sans hésiter : techniquement, monter un site comme Elysee.ninja n’a jamais été aussi rapide. Entre WordPress, les thèmes prêts à l’emploi et maintenant les outils d’IA qui accélèrent la rédaction et la mise en page, ce qui me prenait des semaines à l’époque de Duzzzmedia se fait aujourd’hui en quelques jours.
D’ailleurs ces derniers jours, OpenAI et ChatGPT sont en train de lancer un outil incroyable pour la création de sites internet (ChatGPT Sites) qui offre à la fois de l’aide pour créer le site en lui même mais aussi (et c’est un tournant selon moi) l’hébergement de celui-ci avec une url du style https://votresite.votrenom.chatgpt.site … mais j’en reparlerai une autre fois.
Le problème, c’est que tout le monde a fait le même constat. On dénombre aujourd’hui plus de 1,4 milliard de sites web dans le monde, avec environ 252 000 nouveaux sites créés chaque jour — soit près de 3 par seconde.
Résultat : se faire une place devient un vrai défi, encore plus quand le sujet est aussi saturé que la politique. La barrière n’est plus technique, elle est devenue une question de visibilité et de patience : construire une audience, faire connaître le concept, convaincre les premiers contributeurs de franchir le pas. C’est d’ailleurs pour ça qu’Elysee.ninja avance idée par idée, sans se presser — la qualité prime sur la quantité, et la confiance se construit lentement.
Une démarche qui ne demande qu’à grandir
Elysee.ninja n’a pas vocation à décider de quoi que ce soit. Le site ne dit pas quoi penser, il montre ce qui pourrait être fait — et c’est déjà beaucoup dans un climat où l’on a plutôt l’habitude de s’écharper que de proposer. Si le sujet vous parle, la plateforme est ouverte à tous : citoyens, associations, curieux, ou simplement quelqu’un qui pense qu’on peut faire mieux, simplement.
Je ne vous cacherais pas que je n’ai malheureusement pas le temps d’en faire la promotion, cela reste un projet personnel. Donc si vous aimez ce projet, n’hésitez pas à le partager et à en parler autour de vous.
Et vous, quelle serait votre idée pour améliorer un peu le quotidien autour de vous ? Dites-le moi en commentaire … ou mieux directement sur Elysee.ninja

David Couturier, breton d’origine, passionné par le web depuis les débuts de Myspace. Aujourd’hui Publisher Account Manager chez Exoclick, spécialisé dans le format Native et la monétisation de trafic éditeur. Sur ce blog depuis 2007, je partage mon regard sur le web marketing, mes voyages entre Bretagne et Chili, et mon projet citoyen Elysee.ninja.

