En matière de storytelling, il est parfaitement raisonnable de dire que Pixar fait probablement parti des meilleurs de notre génération. Années après années, ils ont tout de même remporté 13 Oscars, 9 Golden Globes et 11 Grammys. Rien que ça !

Les Oscars, les Golden Globes et les Grammys sont des récompenses très prestigieuses.

Le storytelling, c’est quoi ?

Pour faire simple, le storytelling c’est l’art de raconter une histoire.

Un storytelling efficace implique forcément une bonne compréhension des motivations, de la psychologie humaine et surtout des émotions pour réussir à faire ressentir des choses fortes au public.

Le storytelling est une discipline que nous pratiquons naturellement depuis des siècles et ce, sans même nous en rendre compte.

Cela commence même dès le plus jeune âge, lorsque les enfants jouent avec leurs camarades pour inventer, raconter et vivre des histoires fabuleuses (bien éloignées des préoccupations ennuyeuses des adultes).

Il faut que vous sachiez une chose importante à propos de l’art de raconter des histoires : il y a une différence importante entre un bon storytelling et un GRAND storytelling. 

Dans cet article, vous allez découvrir les 6 règles à suivre pour concevoir un grand storytelling. Un storytelling digne des plus grands maîtres en la matière !

Juste avant de commencer, j’aimerais partager avec vous cette citation super inspirante : 

« La narration est la plus grande technologie jamais créée par l’homme. » – Jon Westenberg

Voici maintenant 6 grandes règles à suivre enseignées par Pixar pour être en mesure de construire un storytelling légendaire :

1 – Les grandes histoires sont universelles

Pour être universel, le récit de génie implique d’exploiter un élément fondamental de la condition humaine comme par exemple le drama (conflit), l’émotion, la naissance, la croissance, les rêves et les aspirations puis de le retranscrire dans une situation tout à fait unique.

Pete Docter, le directeur de Pixar, nous dit ceci : « Ce que vous essayez de faire quand vous racontez une histoire, c’est d’écrire sur un événement de votre vie qui vous a fait ressentir une sensation particulière. Ce que vous essayez de faire quand vous racontez une histoire, c’est d’amener le public à partager le même sentiment. »

Vous l’aurez compris, c’est grâce à un mystérieux phénomène d’empathie qu’une histoire est rendue excellente.

Une grande histoire se doit d’être universelle pour la simple et bonne raison qu’il n’y a qu’un élément fort de la vie humaine qui puisse être assez puissant pour que d’autres personnes puissent se reconnaître dedans.

Quand vous racontez une grande histoire, vous parlez un langage universel que tous les êtres humains sont capables de reconnaître et de comprendre.

2 – Les plus grandes histoires sont bien structurées et ont un but très clair

Connaissez-vous cette méthode efficace et fascinante qui permet de construire une histoire impactante créé par Kenn Adams ? Celle-ci s’appelle The Story Spine.

Kenn Adams est un dramaturge et un improvisateur professionnel.

La formule The Story Spine est une structure narrative qui est couramment utilisée par Pixar.

Voici comment elle se présente :

Il était une fois il y avait [à remplir]. Tous les jours, [à remplir]. Un jour [à remplir]. À cause de cela, [à remplir]. Jusqu’à que [à remplir].

Cette formule est très utile pour correctement structurer une histoire et ainsi la rendre unique.

Au delà de la simple structure, Pixar nous enseigne aussi ce qu’est l’âme d’un grand storytelling à travers ces quelques questions cruciales :

  • Pourquoi devez-vous raconter CETTE histoire en particulier ?
  • Quel est l’élément qui bouillonne en vous et dont votre histoire se nourrit ?
  • Quel grand but votre histoire peut bien servir ?
  • Qu’enseigne-t-elle ?

C’est ici l’âme d’un storytelling légendaire. Votre histoire doit puiser dans des éléments profonds et puissants pour pouvoir impacter le monde entier.

3 – Les grandes histoires ont besoin d’un outsider

Pour que vous puissiez accrocher au personnage principal, il est nécessaire que ce dernier s’éloigne un peu des conventions et des sentiers battus.

Si le personnage principal est comme tout le monde et fait les mêmes choses que tout le monde, comment vous allez pouvoir vous identifier à lui ?

Les spectateurs aiment les outsiders.

Par ailleurs, Pixar explique qu’en tant que spectateur, nous préférons admirer un personnage pour pour ses nombreuses tentatives infructueuses plutôt que pour son succès final.

Comme le dit si bien Philippe Pollet-Villard : « Dans un voyage ce n’est pas la destination qui compte mais toujours le chemin parcouru, et les détours surtout. »

La finalité, ce n’est pas ce qui est le plus intéressant…

Par exemple, les gens vont le plus souvent préférer une histoire de type “de la misère à la richesse” (l’outsider) plutôt qu’un récit du type : “un riche héritier et réussi tout du premier coup”. (le conventionnel)

Dans votre histoire, préférez toujours un personnage de type outsider !

4 – Les plus grandes histoires font appel à nos émotions les plus profondes

Selon les psychologues, il existe 6 émotions de base à savoir : la peur, le dégoût, la colère, le bonheur, la tristesse et la surprise.

Le film d’animation “Vice Versa” crée par Pixar s’avère être une très bonne représentation de ces 6 émotions de base.

En comprenant vos propres émotions, vous comprendrez plus facilement comment elles fonctionnent chez les autres.

Raconter une grande histoire implique d’avoir beaucoup de sensibilité et d’empathie.

Voyez l’émotion comme un levier indispensable à actionner dans votre récit.

Les storytelling les plus réussis sont ceux qui parviennent à toucher votre coeur. 

Bien souvent, nous pouvons toujours y retrouver au moins quelques unes des 6 émotions de base.

Exploitez toujours au moins une des 6 émotions de base dans votre récit !

5 – Les meilleurs récits sont les plus surprenants

Nous connaissons tous le scénario classique du conte de fées avec la fameuse princesse sans défense toujours secourue à temps par un prince charmant.

Ce scénario fonctionne toujours aussi bien mais à force d’être utilisé, celui-ci devient ennuyeux voir obsolète pour les spectateurs.

L’exemple le plus évident est un film d’animation conçu par Pixar appelé “Rebelle”.

Malgré de précédents rôles féminins forts, Rebelle est le premier film Pixar à avoir une femme en personnage principal.

Pour rencontrer le succès et surtout captiver les gens, les grandes histoires se doivent d’être surprenantes et inattendues.

L’exemple de Rebelle est parlant car c’est la seule fille au monde à ne pas vouloir devenir princesse.

Surprenant, n’est-ce pas ?

Dans vos histoires, pensez toujours à surprendre votre auditoire et à lui proposer des éléments inattendus.

6 – Les plus belles histoires sont simples et concentrées

Bien souvent, en tant que storytellers, nous cherchons naturellement à inclure autant d’informations et de détails que possible dans nos histoires.

Nous voulons créer plein de personnages, des tonnes de rebondissements et de dialogues.
Seulement, est-ce que nous n’en faisons pas un peu trop ? Et si la plus grande des histoires était la plus simple ?

En ce sens, le conseil de Pixar est le suivant : “Il faut combiner les personnages et supprimer les détours inutiles”.

En d’autres termes, cela signifie que dans votre histoire, il est impératif de ne garder que l’essentiel et ainsi privilégier la qualité plutôt que la quantité.

Il vaut mieux travailler correctement un seul personnage que d’en proposer des dizaines qui auront de grandes chances d’être bien fades.

En plus, si votre histoire n’est pas simple à comprendre, vous risquez de perdre votre auditoire.

Pour savoir si votre histoire est facile à suivre, racontez-là à un ami ou à un membre de votre famille qui ne l’a jamais connue. Observez ensuite ses réactions…

Les choses les plus simples sont les meilleures.

Pensez toujours à simplifier vos récits !

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